Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

Mardi 18 décembre 2007

Dans l’Elève humilié (PUF, 2005) Pierre Merle poursuit son analyse du fonctionnement de l’Ecole et de l’écart qu’il peut y avoir entre le contrat qu’elle propose aux élèves et à leurs familles et la réalité du terrain ; cette fois l’auteur ne s’attaque pas à la démocratisation mais à la citoyenneté : l’école ne prétend-t-elle pas aussi former de futurs citoyens ?


Un constat s’impose l’Ecole fabrique de l’humiliation, non seulement en stigmatisant les élèves qui ne réussissent pas leur scolarité mais aussi au quotidien dans les classes par des comportements et des propos tenus par les professeurs. Pierre Merle va plus loin, il considère que les droits des élèves ne sont pas toujours respectés dans les règlements intérieurs des établissements, nombre d’entre eux ignorent les droits des élèves,  en particulier les droits de la défense : principe du contradictoire, possibilité de recours, etc. 

eleve-humilie-Pierre-Merle.jpg
Pierre Merle n’est pas journaliste, sa question ne n’est pas « si ça se passe comme ça c’est la faute à qui ? », il invite au contraire le lecteur à une analyse sociologique, à rompre avec la stigmatisation facile des enseignants ou des personnels de direction qui ne feraient pas bien leur boulot, il préfère expliquer pourquoi certains professeurs humilient sans toujours en avoir conscience et pourquoi les élèves ne sont pas vraiment des sujets de droits dans l’institution chargée d’enseigner les valeurs de la République.
Parmi les formes d’humiliation pointées par P. Merle on trouve le non respect de la vie privée, le rabaissement scolaire (surnom donné à un élève note rendue en public,…), l’injure (par exemple en adhérant à l’idéologie du don, en faisant le tri entre les élèves doués, intelligents de façon innée et les autres)
 
Après la lecture de son ouvrage, une conclusion s’impose il faut mieux former les professeurs et introduire davantage de régulation dans l’activité quotidienne des établissements et des classes, c’est d’abord aux professionnels de l’éducation de changer collectivement leurs pratiques ; toutefois les parents ne doivent pas hésiter à se mobiliser pour rencontrer les professeurs ou le chef d’établissement pour corriger les conduites déviantes, à l’Ecole plus qu’ailleurs l’injustice ne doit pas être acceptée.
 
Extraits :
 
-Le sentiment de rabaissement, de droits non respectés, occupe chez l’élève une place centrale, sinon première, dans leur démobilisation scolaire. Il n’existe pas, d’un côté, l’histoire de la personne et, de l’autre, celle de l’élève. La négation de l’un est susceptible d’empêcher l’existence de l’autre. (p 12).
-Les recherches on montré que les jugements des enseignants influencent davantage la réussite scolaire des élèves faibles que celles des élèves forts. (p. 23)
-Les plus mauvais élèves sont plus vite suspectés d’indiscipline alors que les prises des parole intempestives des bons élèves et des enfants de cadre sont plus souvent acceptées (p. 38)
-Les questions relatives aux professions des parents et plus globalement à la sphère familiale sont souvent vécues par les élèves comme une atteinte à leur vie privée (p. 27).
-Le passage au tableau est souvent perçu comme une sorte de passage à tabac scolaire. La classe se transforme en arène et l’élève subit une mise à mort symbolique de son statut d’élève devant ses camarades. (p. 35)
-Il est pertinent d’interpréter l’humiliation scolaire comme une forme de sanction dont la finalité est le maintien de l’ordre scolaire. (p. 67)
-Les textes récents (…) n’ont pas abrogé l’arrêté du 5 juillet 1890 relatif au « Régime disciplinaire des lycées et collèges de garçons » ainsi que la circulaire du 15 juillet 1890. Cet arrêté définit très précisément les punitions formellement interdites : « le piquet, les pensums (le recopiage), les privations de récréations ». (p.115)
-Plusieurs dérives ont (…) été constatées notamment le remplacement des heures de vie de classe par des heures de cours ou leur suppression pure et simple. (p. 132). (…). Les difficultés rencontrées (…) une définition peu élaborée des buts poursuivis et (…) une formation incomplète voire inexistante des professeurs dans le domaine de la gestion des conflits (132-133).
 
 
 
Par college-pour-les-parents.com
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus